Jean Gault 156 chemin Purgatory 83440 Callian
06 Mai 2018

A Callian, un olivier (souche) contemporain de Jeanne d’Arc

LES VARIETES D’OLIVIERS DU PAYS DE FAYENCE
Un patrimoine vénérable qui remonte parfois au Moyen Âge

L’olivier sauvage est indigène en Espagne et en France depuis au moins la fin de la dernière glaciation, quand le climat lui est devenu acceptable. Il a été déjà été « domestiqué » en Espagne il y a 8.000ans puisqu’un noyau carbonisé d’olives de 11mm a été daté de cette période par Carbone 14 ; on considère qu’un noyau de cette taille ne provient plus d’un olivier sauvage mais d’individus d’une lignée ayant fait l’objet d’une sélection par les populations locales.
Dans les Pyrénées orientales, à Salses, une étude de la structure de charbon de bois sur un site archéologique montre que les témoins d’oliviers domestiques sont plus nombreux que ceux d’oliviers sauvages à partir de l’Âge du Bronze Ancien soit il y a 5.000 ans.
En Provence l’augmentation significative de pollens fossiles d’oliviers à partir des années 200 avant J.C. sur plusieurs sites est probablement liée à une intensification du nombre d’individus due à l’action de l’homme. En effet les Grecs arrivés à Marseille il y a 2600 ans ont introduit de véritables méthodes culturales de l’olivier tandis que les Romains répandaient ensuite plus largement cette culture qui se développait autour des centres de colonisation gallo-romains.

Qu’en est-il de l’olivier en Pays de Fayence ?
Pas d’études spécifiques archéologiques ou sur la période romaine à ma connaissance ; on sait que cette culture s’est beaucoup développée à partir du XVII ième et du XVIII ième siècle dynamisant l’économie du Pays (cf la taille de l’église de Callian, les splendides rétables en bois doré à Mons), mais qu’en était-il au Moyen Âge ?
Les gels successifs ont tué les vieux spécimens. Mais dans certains cas on peut observer une série de troncs arasés, reliques des arbres tués par les gels et ayant successivement repoussés à partir de la même souche jusqu’à l’arbre vivant actuel, ayant eux-mêmes repoussé à partir de 1956, année de grand gel séculaire.
C’est le cas sur une propriété de la commune de Callian au 2917 de la route de Mons, un peu au-dessus de la carraire traditionnelle ; le propriétaire (qui adhère à l’association des oléiculteurs du Pays de Fayence) a fait dater au carbone 14 par accéléromètre, par G.S Burr de l’Université de l’Arizona à Tucson, plusieurs échantillons de reliques de troncs depuis la plus ancienne jusqu’à celle qui précédait l’arbre actuel.

La date la plus ancienne donne un âge compris entre 1324 et 1447 ; donc l’arbre était vivant au 14ème siècle (la Provence n’était pas encore française) et l’arbre actuel apparaît comme son descendant direct. Lors de l’inventaire variétal sur cette olivette, on pourra donc identifier clairement de quelle variété il s’agit et préciser qu’elle était sélectionnée depuis au moins le Moyen Âge.

Il n’est pas exclu de trouver des reliques plus anciennes…Il faudrait chercher ! Qui sait si par exemple, lors de la construction du canal et de la roche taillée, les Romains n’ont pas appris aux populations (qui constituaient la main d’œuvre), à cultiver les oliviers ? à l’actuel domaine de Beauregard ?
La culture de l’olivier fait partie du patrimoine culturel du Pays de Fayence au même titre que les chapelles, les maisons, les ponts, les châteaux, … sans parler de patrimoine plus ancien que l’arbre dont nous parlons (les voies et tombes romaines, les dolmens… )!
C’est une richesse économique directe (huile, bois) et indirecte : biodiversité, paysage, symboles culturels, Histoire …

Jean Gault

Quelques sources bibliographiques :
– « Début de la domestication de l’olivier (Olea europea L.) en Méditerranée nord occidentale, mise en évidence par l’analyse morphométrique appliquée à du matériel anthracologique » Jean Frédéric Terral, académie des sciences/Elsevier
– « Domestic olive », C Michael Barton, Nature, volume 346
– Lettre de G.S. Burr, chercheur à l’Université de Tucson, Arizona (Etats Unis d’Amérique du Nord)